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Sur ce site, vous trouverez des informations sur notre projet : la marche comme une matière.
Ce site tente de mieux faire comprendre notre approche. Il vous permettra de nous contacter à tout moment, dès lors que vous aimeriez recevoir davantage de renseignements ou nous laisser vos impressions (voir l'onglet contacts).

Nous, Denis et Julien Gibelin

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La marche comme matière

La marche, élément fondateur de mon parcours d’artiste, de sculpteur. Dans l’impossibilité de faire marcher l’homme, de créer le mouvement, me mettre en marche, traduire la marche et tenter de la restituer.

Mon travail sur terr-e-toile vient d’une contradiction, mon intérêt pour le territoire, espace délimité, et mon besoin de liberté, de traverser des terres pour en découvrir d’autres. J’ai choisi la marche, moyen le plus simple mais aussi le plus caractéristique de l’homme, pour m’y inscrire et m’en détacher. Le territoire devient mon atelier.

Utiliser des outils actuels en les détournant, l’internet et le numérique, dématérialiser afin de confronter la lenteur de la marche et la fulgurance de la transmission de l’information. Pour élaborer cette mise en  œuvre un code est nécessaire et une coopération est née avec Julien qui en est le concepteur.

La marche, debout, un pied sur la terre, l’autre décollé du sol, et ainsi de suite, acte automatique. Se déplacer, aller d’un point à l’autre, errer, fuir, découvrir du regard la limite, les limites que l’on peut dépasser pour accéder à des ailleurs.

La marche c’est alors le regard et le regard c’est l’immédiateté qui s’impose comme l’instantanéité d’internet, allier les deux temps.

Suivre du regard un oiseau, sa présence fugace, son habileté à dessiner le paysage, à s’éloigner, notre incapacité à le suivre, ma frustration. Soumis à la gravité terrestre, s’arracher, décoller et par cet effort se perdre avec toujours un impératif : aller vers le bout d’un chemin et recommencer.

L’effort que ce mode de locomotion nécessite, engendre parfois la souffrance, le mouvement qu’il génère dans l’espace et le temps ne laisse aucune trace sinon celle que l’on désire laisser, preuve de notre présence au monde. Cette trace, grâce à terr-e-toile, nous la traduisons en couleur, la marche comme matière.

Faire entrer mon expérience de mon atelier-territoire dans un espace clos, le lieu d’exposition.

Contraindre un mouvement pour le montrer, ne pas représenter le corps mais donner une preuve graphique de son existence, pour ne pas le trahir.

Créer « un dépaysagement », aller au-delà de l’image.

Denis Gibelin

 

 

les pas

le canal de la Vésubie

la traduction de la marche

 

la traduction de la marche - terr-e-toile

le mode opératoire

Cette œuvre je l’ai voulue abstraite et faite d’éléments mesurables de la marche, du déplacement : les points GPS. La marche assistée par des outils numériques actuels prise comme matière. Ces outils sont des biens ou des services de consommation courante détournés (SmartPhone, Gmail et Google latitude).

Chaque point du graphe est composé de l’heure de passage, de la latitude et de la longitude. 

La longitude définit la position du point dans l’espace autour d’un axe formé par l’intersection des lignes verticales et horizontales d’une grille.

 La couleur du point n’est pas liée à une esthétique voulue, elle est déterminée par un calcul. L’angle entre l’heure de passage et la latitude selon un spectre nommé T (teinte) S (saturation) V (valeur) va donner la couleur. Cette couleur est fonction de l’espace et du temps, l’automatisme de la marche va la définir, la peinture devient systématique.

 Photos Vidéos Denis Gibelin - Mary Joly